Lettre ouverte à Mgr Vingt Trois trouvée sur la toile et signée

Monseigneur André Cardinal Vingt-Trois, il faut vraiment qu’on parle.

Tu ne m’en voudras pas, j’emploierai le tutoiement romain et je t’appellerai par ton prénom, car c’est ainsi que Dieu te connait.

J’aimerais d’abord te rappeler un truc : étant notre évêque à Paris, tu es à notre service. Et jusqu’à preuve du contraire, ce n’est pas au serviteur de décider comment servir. Déjà comme prêtre, tu as donné ta vie au Seigneur et à Son Corps Mystique, l’Église, les baptisés, bref, nous ! Et en devenant évêque, charge que personne ne t’a obligé à accepter, tu es devenude facto super-serviteur.

Il est donc maintenant grand temps d’agir, André. Parce que mettre des bâtons dans les roues des derniers fidèles qui tentent de sauver ce qui peut être sauvé de l’ordre social chrétien, ce n’est pas exactement ce que j’appelle« servir ».

Peut-être t’imagines-tu plus efficace dans les cercles du pouvoir que dans la rue ? Et bien, au vu de ta prestation devant la commission de l’Assemblée nationale, je suis navré d’avoir à t’informer que non, vraiment non, ce n’est pas ton fort. Autant tu es très bon à la radio en citations de Lénine et Marx, autant ta prestation devant les députés fut déplorable. Mais, encore une fois, nous, ton peuple, ne t’avions pas demandé d’aller te fourrer dans ce guet-apens.

En revanche, nous te demandons bien instamment de prendre la tête de notre petit troupeau, de sortir ta crosse, et de nous mener en ce 13 janvier sur le pavé parisien.

André, soyons clairs : peu me chaut de savoir en quoi tu crois, si tu aimes le Pape et si les Évangiles sont la colonne vertébrale de ta vie. Tout ça, c’est le problème de ton âme, pas le mien. Ce qu’on te demande, c’est de faire ton taff, de te lever de ta cathedra, de t’habiller en évêque – ne me sors pas cet affreux clergyman, André, nous avons besoin de la soutane filetée, sur ce coup-là – et de rejoindre ton peuple pour le mener.

Vois-tu, je trouve que ton attitude manque sacrément d’amour. Je trouve même – nous trouvons, nous, en paroisses – que tu manifestes un mépris assez désarmant pour nos familles qui se bougent et les enfants dont les vies sont en jeu. Bref, que tu ne joues pas équipe. Et crois-moi, mais vraiment crois-moi, ton jeu solo est condamné d’avance.

Alors quoi ? Tu n’aimes pas Escada et tu n’as pas envie de te retrouver avec lui dans une manif ? …Tu voudrais quoi ? Dave pour mener les catholiques ?

Tu n’aimes pas Frigide Merle ? Moi non plus. J’ai juste envie de la gifler dès qu’elle ouvre la bouche. Et alors ? Est-ce parce qu’une foldingue a mobilisé des foules que ces foules sont moins respectables et ont moins besoin de leur évêque ?

Peut-être est-ce justement parce que les manifestants du 13 janvier sont entre le marteau de la FSSPX et l’enclume de la Barjot qu’ils auraient bien besoin de leur évêque…

Le 4 juillet 371, les habitants de Tours enlevèrent Martin pour le faire évêque de force. Il ne voulait pas, mais il vit dans la pression populaire un signe du Ciel. Quatre ans plus tard, la même aventure arriva à Eucher de Lyon. Ils furent tous deux canonisés.

Ta surdité persistante à notre égard pourrait bien nous pousser à organiser un commando pour venir te chercher de force, André, et, après tout, si ça fait de toi un saint, alors ça vaut le coup.

André Cardinal Vingt-Trois, le 28 juin 1969 tu t’es engagé au célibat, et conséquemment à la chasteté. Jamais il n’a été question d’émasculation, que je sache.

Denis Cheyrouze, le 25 décembre 2012

Post scriptum de la rédactrice de ce blog :

Rappelons nous les propos de notre pape Benoît XVI : le jour de l’Epiphanie :  » L’évêque  a la mission non seulement de marcher avec les autres, mais de précéder et d’indiquer la route. »


Ce contenu a été publié dans Retour au réel. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *