Critique originale du film Marguerite

 margot

Trouvée sur le site Terre et Famille

Si « Marguerite » s’appelait France

« Marguerite » de Xavier Giannoli

Terre et Famille aimerait partager, une analyse du remarquable film «Marguerite » de Xavier GIANNOLI, à l’occasion de sa sortie en DVD.

Cette femme qui chante faux ne suscite pas l’hilarité, mais la compassion devant sa solitude, l’admiration devant son courage et sa foi. Elle chante faux, mais pense juste : on envie sa liberté.

Et si Marguerite s ‘appelait France et qu’elle chantait faux parce qu’elle n’etait pas aimée ? Elle cherche dans le public, ceux qu’elle aime et qui ne la comprennent pas.

Habillée en paysanne alsacienne, on fait d’elle un écran vivant. Elle chante la Marseillaise avec sa voix éraillée, tend ses bras en croix et sont projetées sur elle les images terribles des soldats de la guerre de 1914 qui semblent la piétiner et mourir sur elle. Dans un délire artistique, le jeune anarchiste au faux accent russe, maître de ce spectacle, scande ce que nous pouvons prendre pour les conséquences de ce chaos : plus de politique, plus de paysans, plus de pays, plus d’armée, plus de capitalisme, plus d’ouvriers, plus de religion,… plus rien, Rien, RIEN !

Le majordome, noir, prend Marguerite en photographie, l’accompagne au piano. Cet homme en qui Marguerite a toute confiance, nourrit une passion pour sa maîtresse. Il lui doit tout. Elle n’imagine pas que cette passion soit perverse et qu’un jour, il choisira d’achever consciemment la femme qui alimentait ses rêves.

Il respecte Marguerite, mais assouvit ses phantasmes avec la femme à barbe qui pourrait évoquer la France défigurée, sans féminité….qui n’aurait plus conscience de sa beauté…

Marguerite est délaissée par son mari, il a honte d’elle. Mais Marguerite cherche son amour de toutes ses forces et parvient, à le toucher. Il tentera trop tard de la protéger quand il comprend enfin la pureté des sentiments de cette femme émouvante. Elle voudrait, avant tout, exister dans les yeux de son mari. Elle ne chante juste qu’une seule fois, lorsque son mari lui donne un regard d’amour. Si Marguerite s’appelait France, qu’attendrions- nous pour l’aimer ?

Le film est rythmé par le passage de tous les personnages devant un calvaire à la croisée des chemins, sans que jamais ils n’ y prêtent attention.

Pour retrouver la France belle, inspirée et combative, il est temps de se retrouver au pied de la croix.

 

Stephanie Bignon et Elisabeth de Malleray

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