Les innocentes

religieuses

Apres le très beau Gemma Bovary avec Luccini voici le dernier film d’Anne Fontaine .. Ces innocentes sont les religieuses d’un couvent polonais violées par les armées soviétiques. 7 d’entre elles sont enceintes et accoucheront à l’intérieur du couvent aidées par une jeune médecin française de la Croix Rouge.

Etonnant film d’une grande profondeur qui semble échapper à la réalisatrice. Elle a cru faire un film sur le drame de ces jeunes filles cloîtrées et la règle d’obéissance . Ont elle transgressé la loi conventuelle ou non? Les unes perdent la foi, d’autres sortiront du couvent, d’autres enfin y resteront. La jeune médecin athée et d’origine communiste peine à comprendre cet univers si different du sien. Finalement une amitié profonde naîtra entre elle et la congrégation.

En réalité ce film est une immense métaphore du viol de la Pologne catholique tout entière par les soviétiques, de la misère et  de l’abandon des enfants qui s’en suivirent. De grands actrices polonaises interprètent  les religieuses , la très jolie et très nuancée, Lou de Laâge est le médecin.

Un grand moment de cinéma et de vérité historique.

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Une réponse à Les innocentes

  1. Guilhem de Tarlé dit :

    Ce film n’est évidemment pas pour des innocents !

    Il n’est pas non plus pour les défenseurs (résiduels) de l’empire soviétique.
    Il montre que pour beaucoup, et la Pologne en particulier, La Libération ne fut que le passage d’un totalitarisme à un autre, d’une horreur à une autre ;
    et la peur des « libérés » qui a succédé à celle des occupés était sans doute de même ampleur.

    Ce film « interpelle » ou « pose question », comme on dit maintenant :
    N’est-il pas une charge contre l’Église catholique et contre les communautés religieuses avec des bonnes sœurs – certes parfaitement priantes, douces, affectueuses et attentives aux autres –
    qui ressemblent néanmoins à des femmes musulmanes soumises à une charia dont le vœu de chasteté interdit de montrer son corps, même pour se faire soigner ?

    Ce film montre le danger et l’erreur d’un pouvoir sans partage, sans concertation, sans avis extérieur, secret, détenu par la Mère Abbesse,
    et, en miroir, le même danger, et la même erreur, de l’obéissance servile ; veut-il nous faire adhérer à la « démocratie participative » chère à Ségolène Royale ?
    Voltaire prônait le « despote éclairé » mais, en l’occurrence, la « despote » n’était pas « éclairée » car je n’ose penser qu’elle était « mal éclairée par Dieu ».
    Ce film illustre donc la nécessité, parfois, de la désobéissance et du mensonge « par omission ».

    Ne pose-t-il pas en filigrane la question de la « solution finale » de l’avortement que la Mère supérieure, au point où elle en était, aurait pu choisir, pour les mêmes raisons de viol, du scandale, de honte et de « sauver l’honneur », qu’autorisent depuis quarante ans les lois giscardienne et suivantes jusqu’à Marie-Sol Touraine ?
    « Que Ses voies (sont) in compréhensibles » écrit, à propos de Dieu, St Paul aux Romains (11, 33), ce que reprend l’expression populaire, « Les voies de Dieu sont impénétrables »… qui passent par la charmante assistante (Lou de Laâge, rien que pour elle, le film mérite d’être vu), athée et communiste, qui, notamment, dans une belle réplique, affirme la suprématie de la Vie :
    « Vous avez un plus haut devoir, celui de protéger la vie ».

    Ce film, en tout cas, ne peut pas convertir… ce n’était sans doute pas l’objectif…
    Mais il vaut vraiment la peine, ou plutôt le bonheur, d’être vu.

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