Marie Heurtin

Film de Jean Pierre Améris avec Isabelle Carré et Ariana Rivoire.

Marie HeurtinNous sommes a la fin du 19 ème siècle, dans un château près de Poitiers qui est  une institution spécialisée pour l’éducation des petites filles sourdes et muettes .Soeur Marie sent immédiatement que la nouvelle recrue amenée par son père et dont personne ne veut si ce n’est l’asile de fous est une mission pour elle. Sortir Marguerite de sa terrible nuit  sera l’oeuvre de sa vie. Marguerite sera la fille de son âme , elle réussira à lui apprendre le langage des signes et calmera sa violence.

Scênes extraordinaire d’apprentissage sensoriel, psychologique et religieux. On apprend même a accepter la mort dans ce film…..

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Une vie sauvage vraiment très sauvage

vie sauvage Paco et Nora se sont rencontrés, aimés et mariés dans un camp de hippies au fin fond de la province française. Ils vivront en marge de la société de consommation et des villes où tout est carré et froid…Deux enfants plus tard, Nora s’enfuit, son rêve n’aura pas résisté à la dureté des hivers et à leur pauvreté. Mais elle s’enfuit chez ses parents avec les fils de Paco. Ce dernier ne le supporte pas et enlève ses fils dix années durant.

Le film est une histoire vraie des années 70. C’est en réalité le drame du divorce avec des enfants déchirés qui prennent vingt ans en une seconde, quand leurs parents se séparent. Marrant , pas un critique n’évoque le mot. 2ème étonnement, le film s’achève sur 3 miracles, une rencontre avec un prêtre dans une église où la haine est anéantie par l’amour, où le pardon va l’emporter sur la vengeance. Vous découvrirez les 2 autres.

Pas une critique n’évoque ce miracle dans le cinéma français.

Pas de romantisme sur la vie des baba cools français, pas de paysages illuminés par une jolie lumière, rien qui ne vienne diminuer la tragédie, celle des enfants qui partent volontairement avec leur père mais à qui leur mère manque terriblement. Dans les beaux quartiers comme chez les hyppies les enfants ont ce même regard triste. Seuls moments humains, les scènes d’entraide pour protéger ces 3 hors la loi, poursuivis par la police. Le réalisateur Cédric Kahn dirige parfaitement Mathieu Kassovitz, Céline Salette et les enfants. Allez vîte le voir, ce film ne fait pas partie des films poussés par la grosse critique !

Anne Brassié

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Petit rappel pour le grand RDV du 30 novembre…

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31ème émission de Perles de Culture sur TVLibertés.

CINEMA: Maxime Gabriel et Frédéric Pic parlent de « l’Apôtre », « Casse », « Dracula », Bodybuilder », « Le traquenard »

JE LIS DONC JE SUIS: Anne Brassié reçoit Jean Christakis de Germain, auteur de l’ouvrage « les damnés de la presse »

ART EN BEAUTE: Anne Brassié présente deux spectacles: « Cinq de cœur, le concert sans retour », et « la boutique de l’orfèvre », pièce de théâtre écrite par Karol Wojtyla. Elle en parlera par téléphone avec Pierre Fesquet, metteur en scène.

TOUCHE PAS MON PATRIMOINE: Maxime Gabriel exposera le cas de l’église saint Maclou à Bar sur Aube, dont l’état de ruine est de plus en plus inquiétante.

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Woody Allen et la magie de l’amour!

Magic-in-the-MoonlighWoody Allen nous offre un film délicieux sur la magie de l’ amour. Sujet éculé direz vous ! Mais voilà les créateurs renouvellent toujours tout ce qu’ ils touchent. Un prestidigitateur débusque lors de ses temps libres, les faux magiciens,les faux devins. Parmi ceux ci une jeune femme délicieuse qui le subjuguera . Nous sommes en Provence ,dans les années 20, les femmes jettent leur dernier éclat. Très rapidement elles oublieront leur féminité. La Provence  et ses propriétés au charme inouï est magnifiquement photographié. Le dialogue est intelligent au possible. Comme l’écrit Laurent Dandrieu, le spécialiste du cinéaste, Woody Allen s’interroge sur la tristesse de ne pas croire. Il se raccroche alors à l’ l’amour comme à la seule magie possible. Les acteurs sont irrésistibles, c’est si rare !

PS Je voudrais porter tous les chapeaux de l’héroïne.
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Le Pérugin à Jacquemart-André

MM,_crocifissione_02Il est rare que l’on sorte déçu de cette merveilleuse maison qu’est le Musée Jacquemart-André. Vue en pleine FIAC (Foire internationale de l’Art contemporain, qu’on est tenté de rebaptiser Foire aux Inepties artistico-crétinisantes), l’exposition « Le Pérugin, maître de Raphaël » (dont huit toiles ont été retenues) est un enchantement.

Considéré par ses contemporains comme l’un des plus grands peintres d’Italie, et l’un des plus novateurs, Pietro Vannucci (1450-1523) n’avait pas usurpé cette réputation comme le prouvent les œuvres superbes rassemblées ici, venues principalement de son pays natal (y compris une fresque) mais aussi de plusieurs musées londoniens, de la National Gallery of Art de Washington et du Louvre. L’évanescente beauté de ses madones frappe, comme l’aérienne légèreté de ses ciels céruléens, la luminosité de ses paysages et la spiritualité des personnages. Surtout, sur des thèmes sacrés, donc convenus, sa palette est extraordinairement variée comme en témoignent ces deux portraits, si différents, de Marie-Madeleine, le plus sombre datant de sa période vénitienne.

Madeleine

Après le succès de l’exposition « Fra Angelico et les Maîtres de la lumière » en 2011, cette redécouverte devrait attirer tous les véritables amoureux du grand art.

Anne Brassié

 

Jusqu’au 19 janvier 2015 158 boulevard Haussmann 75008 Paris
Tél. : 01 45 62 11 59. Site : www.musee-jacquemart-andre.com/fr/preparer-sa-visite/tarifs

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Les folies du pédagogisme.

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Les folies du pédagogisme totalitaire

Le 12 octobre, l’écrivain Christian Combaz épinglait sur Polémia le ministre Fleur Pellerin et la novlangue des technocrates de la Culture dont il citait quelques formules alambiquées telle « Développer les moyens dédiés à l’éducation artistique et culturelle, à l’accès à la culture et à la démocratisation culturelle grâce notamment aux politiques transversales de médiation et au plan de développement de l’éducation artistique et culturelle ». Mais que dire du jargon utilisé par les technos de l’Educ’Nat’ dans les centres de formation des jeunes professeurs en instance de titularisation ?

A cet égard, le témoignage d’Emmanuelle Delacomptée, qui, d’une plume allègre, relate dans Molière à la campagne (Editions J. C. Lattès 2014, 265 pages, 16,50 €) sa première année d’enseignement en Normandie, est proprement hallucinant.

Novterminologie : lancer du « référentiel bondissant » par le « segment mobile » 

Passons sur les « géniteurs d’apprenants » (les parents d’élèves) et les « séquences » qui ont remplacé les cours d’antan, termes relativement traduisibles. Mais sait-on que les « lectures cursives » sont les lectures à faire à la maison ? Qu’un « référentiel bondissant » est un ballon et un « référentiel bondissant oblique » un ballon de rugby (oblong serait plus indiqué) tandis que le bras est un « segment mobile » ? Et malheur au petit prof qui oublie cette novterminologie : « Il s’agit d’être précis dans son discours », lui rétorque le formateur, qui rappelle « qu’on ne dit plus grammaire mais “discours raisonné de la langue” », ni discours indirect mais « “paroles rapportées indirectement” ou, à la rigueur, “énoncé coupé”, par opposition à “énoncé ancré” ». Bien entendu, les compléments ne sont plus d’objet indirect ni même circonstanciels comme naguère mais « non essentiels » et les professeurs de français d’un même établissement sont sommés de se « réunir  à chaque rentrée pour harmoniser [leur] terminologie ».

Mais pourquoi, s’interrogent les profanes, celle-ci change-t-elle donc sans cesse ? Réponse péremptoire : « Si la terminologie change, c’est qu’elle s’améliore.»

Jordan, Douglas, Kristoffer, Kévin et Kelly dans la jungle

Ce qui ne s’améliore pas, en revanche et malheureusement, c’est le niveau des élèves. Dans la région rurale où Emmanuelle Delacomptée a obtenu son premier poste, il n’y a que des Souchiens. Mais ils sont en général aussi illettrés (il faut lire quelquefois à voix haute pour comprendre leur prose, ils pensent que midi est un verbe, etc.) et aussi déculturés que les gamins des cités. Prénommés Jordan, Douglas, Kristoffer, Kévin, Kelly ou Jeffrey, ces potaches de 4ème sont coiffés de casquette à l’envers, vêtus du pantalon baggy emprunté aux taulards des pénitenciers américains et de maillots aux inscriptions également américaines. Via la télévision, les radios jeunes et Youtube, la mondialisation a étendu ses ravages et ils connaissent mieux les stars hip-hop qu’Harpagon — qu’ils prononcent Harpageon et considèrent d’ailleurs comme un bouffon, ainsi que les autres personnages de Molière, qui écrit « des trucs de ouf » des plus ennuyeux. Par ses allusions sexuelles, la lecture d’une nouvelle (imposée) de Maupassant provoque quasiment une émeute.

Au demeurant, quand elle n’est pas plongée dans les bras de Morphée, la classe est généralement une jungle et les sorties scolaires sont une épreuve redoutable pour les accompagnants (au cours de l’une d’elles, le brise-glace d’un bus est volé pour « casser la voiture à Le Pen »). Pour y remédier, les formateurs initient les apprentis-profs à l’art de la vocalise, censé les aider à « affirmer leur autorité » et à « se faire respecter », et leur dispensent de judicieux conseils du genre : « C’est vous le pilote, ne laissez pas l’automobile quitter la route, restez fermes et souples à la fois. Il est important de conserver cette image à l’esprit. Quand vous êtes débordés en classe, n’oubliez pas que vous êtes des pilotes ! »

Peillon et ses ayatollahs

Mais la voiture folle, n’est-ce pas celle du ministère ?

Le 21 octobre, sur le site LePoint.fr, l’agrégé et normalien Jean-Paul Brighelli, ancien gauchiste depuis longtemps révulsé par le pédagogiquement correct contre lequel il a multiplié les essais, dont le célèbre La Fabrique du crétin ou la mort programmée de l’école (éd. Jean-Paul Gourewitch 2005), dénonçait les ESPE, Écoles supérieures du professorat et de l’éducation, « dernier legs, avec les rythmes scolaires, de l’ère Peillon ». Et dernier avatar des Instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM), institués par la loi Jospin après 1989, et déjà dotés « de crédits (considérables) destinés à la formation des enseignants, et de créations de postes nombreuses, dans des disciplines — Sciences de l’éducation et Didactique — qui permettaient de recruter nombre de bras cassés, pendant que d’autres universités, à l’écart de ces temples du pédagogisme triomphant et du Nouveau Vocabulaire orwellien […], la « pensée Meirieu » ayant remplacé la pensée tout court, devaient déjà se débrouiller avec des budgets en peau de chagrin. »

Avec les ESPE, toutefois, est franchi un nouvel échelon dans la dictature pédagogique. En effet, « les nouveaux professeurs des écoles ou des collèges doivent depuis 2008 être titulaires d’un master (d’où le nom de « mastérisation » donné à la réforme) ». Mais, depuis l’instauration des ESPE, a été institué le master MEEF — Métiers de l’enseignement et de la formation, composé à « 50 % de Sciences de l’éducation, de théories pédagogiques fumeuses, de temps perdu et de parlotes inutiles, contre 50 % de formation disciplinaire, assurée en université ». Or, les nouveaux profs-stagiaires qui, souvent, ont déjà leur master dans la discipline qui leur importe, sont, accuse Brighelli (ce qui, pour les Cahiers pédagogiques, prouve qu’il a « touché le Front » à force d’obscurantisme réactionnaire) « sont pourtant sommés par les ESPE et les directives comminatoires de Simone Bonnafous, à la tête de la direction générale de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle, de s’inscrire en master MEEF, sous peine de ne pas être titularisés : parce que la titularisation des nouveaux enseignants, autrefois assurée par les inspecteurs, a été confiée intégralement aux ayatollahs de la Nouvelle Pédagogie ».

Si, encore, les « nouvelles structures totalitaires voulues par Vincent Peillon » avaient été conçues pour sauver l’Ecole ruinée autant par d’incessantes et insanes réformes et la massification découlant du refus de toute sélection que par le boulet d’une immigration désormais trop nombreuse pour être intégrable ! Mais leur seule raison d’être est, au contraire, la préservation de la caste qui a justement mené au désastre, et la perpétuation de celui-ci. Qu’importent l’illettrisme et l’inculture des nouvelles générations si celles-ci savent tout, tout, tout sur le « Zizi sexuel », exposition drainant des classes entière à la Cité des Sciences de La Villette (4) malgré l’opposition des familles !

Claude LORNE

(1) Une pétition, déjà signée par près de 50 000 personnes, a été lancée par SOS-Education. Voir http://petitions.soseducation.org/non-au-zizi-sexuel/index.php

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Ils ont osé supprimer l’église du paysage français‏

GrDF_225x285_Village_web Gaz Réseau Distribution de France vient de commettre une vilaine action. Voilà ce qui se passe quand on confie ses intérêts à une boite américaine, l’agence Young et Rubicam. Cette agence de publicité supprime tranquillement l’église du paysage. Le village français est pratiquement toujours dominé par un clocher. L’église est pratiquement toujours au centre . Et là on nous signale l’école, la poste, la mairie, la crèche et le stade . L’église, à dégager voie 13.
Ont ils trouvé une petite ville sans église ? Ou l’ont ils tout simplement effacée comme Staline effaçait des photos officielles les personnages devenus non grata ? Veulent ils attirer des clients musulmans ?
On se moque de leurs raisons . Faites connaître cette profanation de notre identité qui s’étale en pleine des grands quotidiens.

Anne Brassié

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Editorial de Monsieur l’Abbé Lorans sur le synode pour la famille…

DICI

Nous citons l’éditorial de Monsieur l’abbé Lorans de la Fraternité Saint Pie X qui explique parfaitement comment le synode sur la famille qui vient de se terminer à Rome est une révolution doctrinale sous un masque pastoral.

Rejetés mais maintenus.

Après le scandaleux rapport intermédiaire du 13 octobre, le rapport final du Synode a été publié dans la soirée du 18 octobre ; c’est un compromis entre les diverses tendances, destiné à apaiser les tensions et rassurer les timides. En fait, ce rapport n’est que provisoirement final.

Trois paragraphes concernant la communion des divorcés remariés et l’accueil des personnes homosexuelles n’ont pas obtenu la majorité requise des deux tiers, ils sont donc rejetés ; mais – sur ordre du pape François – ils sont maintenus dans le texte du rapport. Rejetés par la collégialité, mais maintenus par l’autorité. Tous les évêques sont synodalement égaux, mais certains plus que d’autres…

En réalité, ces paragraphes attendent leur heure. Ils ne sont pas là à titre purement documentaire, ils ont un an pour mûrir. Le prochain Synode, en octobre 2015, devrait récompenser leur patience. Gageons que cette attente ne sera pas passive, et qu’après avoir écarté les opposants trop bruyants, on s’emploiera à faire pousser dans les têtes ce qui a été semé dans les textes. A moins que…

Si certains ont voulu faire un Synode de la famille pour tous et à tout prix, d’autres peuvent, avec l’aide de Dieu, œuvrer en faveur d’un Synode de la manifestation de la foi partout et pour tous. Eux aussi, ils ont un an pour rappeler haut et fort que l’homme (fût-il d’Eglise !) ne peut séparer ce que Dieu a uni.

 

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Enfin une bonne nouvelle catholique sur la joie du salut trouvée sur le grand site d’Yves Daoudal

bonne nouvelle kto Au fait…
Je m’en voudrais si mes commentaires sur le synode donnaient des idées noires ou dépressives à certains de mes lecteurs.

Personne, pas même le pape, ne peut nous enlever la joie du salut.

Personne, pas même le pape, ne peut abîmer notre espérance qui n’est pas de ce monde mais qui est une ancre jetée et fixée au-delà du voile, dans le Royaume, comme le dit l’épître aux Hébreux.

Le rapport de mi-parcours du synode n’est qu’un rapport d’étape. Mais il est hélas pleinement dans le sens de ce que ce pontificat nous fait subir depuis son tout premier instant, et particulièrement dans le sens de l’épisode Kasper de préparation du synode, ce qui est certes inquiétant pour la suite (surtout si l’on se souvient que la préparation Kasper a commencé dès le premier Angelus de François, le 21 mars 2013).

Cela dit le pire n’est jamais sûr.

Mais ce que je me dis aussi, au vu de certaines réactions d’évêques et de cardinaux, est que cet épisode, ce désastreux pontificat dans son ensemble, est peut-être nécessaire pour qu’il y ait un sursaut des vraies forces vives de l’Eglise. Un peu comme il a fallu la loi Taubira pour qu’il y ait ce sursaut inédit et imprévu de la Manif pour tous, des veilleurs, sentinelles, etc.

Dieu se sert du mal pour faire le bien…

Yves Daoudal

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30ème édition de « Perles de Culture » sur TVLibertés!

CINEMA
Maxime Gabriel et Anne Brassié vous emmènent au cinéma voir « avant d’aller dormir », « Elle l’adore ». Il interrogeront ensuite Cheyenne Carron, réalisatrice du film « l’Apôtre »

JE LIS DONC JE SUIS
Anne Brassié reçoit Henri de Montalban, auteur de « 2012 – 2017, un Roi pour la France »

L’ART EN BEAUTE
Anne Brassié reçoit Anne Lefol, comédienne et Micha Makarenko, balalaïkiste

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29ème Emission de « Perles de Culture » sur TVLlibertés

L’art en beauté: Anne Brassié reçoit Timur Babashine, contrebassiste.

Je file au Cinéma: Les films présentés sont « Un homme très recherché » et « Gemma Bovery »

Je lis donc je suis : Anne Brassié reçoit Jacqueline Blancart-Cassou, auteur de la biographie de Jean Anouilh dans la collection « Qui suis-je »

Touche pas à mon patrimoine : Jean-Louis Butré revient sur le danger de l’éolien en France 

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2014 – 2015: l’Année Saint-Augustin

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On enterre aussi des statues

A Versailles: un cimetière de statues 

Connaissez-vous la Galerie des sculptures et des moulages à Versailles ? La Petite Ecurie du Roi l’accueille dans un espace splendide.

 C’est en réalité un cimetière, le cimetière des statues répudiées au Louvre : il fallait de la place pour les arts premiers et les arts islamiques, pour le cimetière des moulages de l’art antique provenant de l’école des Beaux-Arts rescapés des iconoclastes qui, en 1968, attaquaient au marteau ces modèles qui les dépassaient, pour le cimetière, enfin, de certaines statues du parc du château de Versailles remplacées par des moulages. Lorsqu’il ouvre trois dimanches dans l’année, on s’y précipite et la beauté de ces œuvres vous est une joie pour l’année entière. Des petits temples de l’Acropole, des colonnes du Forum romain, des inconnus dont les plissés de toge vous clouent d’admiration, des discoboles, des groupes mythologiques époustouflants. Des chevaux que l’on entend hennir. Bref ! ce lieu vous coupe le souffle.

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Les Petites Ecuries, nécropole artistique.

Mais leur présentation est une injure à ces statues. Elles restent debout sur des palettes comme en instance de départ. Seules une quinzaine d’entre elles bénéficient d’une notice. Les autres n’ont qu’une étiquette. Aux pieds de certaines, des petits sacs en plastique qui contiennent des bouts de moulage brisés…

Evidemment, à l’exception des statues du château, ce ne sont que des moulages en plâtre sur une armature en filasse, donc ces pièces sont méprisables aux yeux de certains conservateurs. Elles datent pourtant de plus d’un siècle et démontrent l’art de la conservation en ces temps anciens.

Toutes les écoles des Yvelines, avant d’aller à Beaubourg, devraient défiler en procession en ces lieux. Des crédits devraient être débloqués pour que chaque statue ait son nom. Avant de s’occuper, là comme ailleurs, des arts du bout du monde, on pourrait s’occuper de notre héritage culturel, de notre trésor patrimonial, le socle de toute notre civilisation. 

Une polémique a éclaté grâce à La Tribune de l’Art au sujet d’un prêt d’une statue de marbre qui risque gros dans le voyage.

Apollon servi par les nymphes ou Les bains d’Apollon est un groupe monumental à la grâce dansante, qui avait été retiré du parc et remplacé par un moulage pour le préserver des intempéries. Un autre moulage est visible dans la

Petite Ecurie. L’original vient d’être envoyé à Arras pour une exposition, « Le château de Versailles en 100 chefs-d’œuvre », et doit partir pour un an à Abou Dhabi.

Transporter un marbre est extrêmement hasardeux, pourquoi mettre à l’abri cette œuvre pour l’exposer ensuite ? Pourquoi ne pas envoyer un moulage ? Où est la logique ?

De l’autre côté de la Place d’Armes, le château et son parc sont pollués, comme chaque année, par un artiste le plus éloigné possible de l’esprit des lieux.

Cet été, Lee Ufan, peintre et sculpteur d’origine coréenne, vivant comme les autres entre plusieurs continents, business oblige, le Japon, New York et Paris, occupe les lieux. Dix œuvres minimalistes, à l’opposé bien sûr du baroque triomphant, sont éparpillées dans le parc jusque dans des lieux retirés ou récemment rénovés, comme le bosquet des bains d’Apollon, où l’artiste a créé une tombe pour Le Nôtre, un trou maçonné rectangulaire et, au fond du trou, un rocher. Pauvre Le Nôtre, si esthète, à l’imagination si riche, à l’élégance si éclatante, qui se retrouve transplanté en Extrême-Orient dans une culture qu’il ignorait !

Deux matériaux composent les œuvres du coréen : des pierres et des plaques d’acier. La pierre, selon lui, représente la nature, la plaque d’acier est le symbole de la société industrialisée. « J’invite, dit l’artiste, les gens à prendre une pause, pour voir les choses autrement. » Mais à Versailles on ne veut pas voir les choses autrement que par les yeux de Louis XIV et de Le Nôtre. L’ego de Lee Ufan, on s’en moque ! Lee Ufan s’est entretenu directement avec le célèbre jardinier de Louis XIV. En pensée, bien sûr. « J’avais l’impression que Le Nôtre était là et me chuchotait à l’oreille : “Je t’offre un lieu parfait, fais-en quelque chose de bien, si tu peux.” », raconte l’artiste coréen. « Le jardin est parfait.

Le Nôtre est un génie. C’était difficile de trouver comment s’y insérer », souligne-t-il à juste titre. Il y a une solution respectueuse  : ne pas s’y insérer du tout, le respecter… Et s’installer au pied des tours de la Défense où ses statues seraient en harmonie avec les lignes de ce quartier.

« Je n’ai pas présenté ma vision à travers ces œuvres mais j’ai “re-présenté” l’espace et le temps existants, je les ai rouverts. Je souhaite que les spectateurs rencontrent un nouveau jardin de Versailles, débordant de merveilleux. »

Mais nous ne voulons pas de nouveau jardin ! Le merveilleux mythologique, le sens spirituel voulu par Louis XIV comblent nos sens et notre esprit. Des 

millions d’amoureux du château viennent rencontrer le Roi et son jardinier. Ils ne viennent pas voir Lee Ufan. Or la vue est toujours altérée par ces sculptures monumentales. Son immense Arche, haute de douze mètres, en acier inoxydable, posée face à la grande perspective, la détruit.

http://www.dailymotion.com/video/x1zastc_chateau-de-versailles-c-est-unhommage-a-le-notre_creation 

http://www.youtube.com/watch?v=9ooT07R_ExU 

« Lee Ufan est imprégné de sa culture extrême-orientale mais il a également étudié la littérature et la philosophie occidentales et il réalise une synthèse entre les différentes cultures », explique Alfred Pacquement, commissaire de l’exposition. Voilà le dogme contemporain, faire la synthèse entre les différentes cultures, faire de l’œcuménisme ou du métissage à tout prix dans nos châteaux, dans nos églises et dans nos abbayes. Cette idéologie ne sévit que chez nous, aucune synthèse aux pieds de l’Acropole, des Pyramides ou d’ailleurs.

C’est une maladie qui est propre à ceux qui nous dirigent, une déliquescence européenne.

Catherine Pégard, présidente du château depuis 2011, a infléchi la politique d’art contemporain de Versailles et essaie de limiter les dégâts, il n’y a plus d’exposition dans le château et elle recherche des artistes soucieux d’établir des « correspondances » avec le lieu. Mais c’est l’idée même de correspondance qui ne fonctionne pas.

La folie qui a pris les étudiants des Beaux-Arts en 68 a été bien décrite par Pierre Mazard dans Le Figaro du 29 mars 69 :

 « Un jeu de massacre géant encore aux bras musclés des iconoclastes. C’est un musée unique au monde mais qui a de quoi intimider, paralyser les apprentis. Phidias obsède, décourage le médiocre et l’impuissant. Alors mort à ce gêneur, au modèle inaccessible. Aussi on a pu voir, en quelques jours, sous la verrière, des tas de poudre blanche, des fragments de plâtre cassé, des membres disloqués. Ce sont des Vénus et des Apollons contestés, contestés à coups de marteaux. » 

Nous subissons toujours cette folie, elle a seulement pris d’autres formes, certains artistes contemporains devraient accepter d’être des nains montés sur des épaules de géants. Ils préfèrent se prendre pour des géants… Et nos fonctionnaires de la culture, faisant semblant d’y croire, nous imposent leur si triste spectacle.

Anne Brassié

Article extrait du n° 8202 

du Vendredi 3 octobre 2014 

 

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Tout avait décidément plus d’allure à Versailles !!!

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La libre chronique de Camille Galic

Dans son logement situé sous les combles et qu’aucun escalier dérobé ne reliait désormais aux appartements royaux, Mme de Montespan se morfondait.
De la Belle Athénaïs, tant encensée du temps de sa splendeur, ne restait plus grand-chose. Sous l’effet des humiliations, ses traits charmants s’étaient durcis, en même temps qu’ils s’étaient empâtés à la suite des grossesses des sept enfants qu’elle avait donnés au Prince, puis de la gourmandise — ses ennemis parlaient de gloutonnerie — dans laquelle elle avait tenté de noyer son chagrin. Oublié, dans des flots de graisse, le regard d’azur qui avait fasciné Louis, lui faisant oublier l’aimante duchesse de La Vallière. Les peintres qui s’étaient disputé l’honneur de portraiturer la « triomphante beauté »* s’étaient éloignés. Quant aux ministres, ces avides parvenus de Colbert, de Le Tellier et de La Reynie, qui l’avaient accablée de flatteries, ils l’agonissaient non seulement de critiques, mais encore d’accusations infamantes, lui prêtant le plus odieux commerce avec la Brinvilliers, la Voisin et autres empoisonneuses.
Mais c’est au Roi lui-même que « l’Incomparable»* en voulait le plus. Lui qui avait fait mille serments, lui avait juré un éternel amour et l’avait utilisée sur la scène diplomatique comme « la Beauté à faire admirer à tous les ambassadeurs »*, ne lui manifestait plus qu’une courtoise indifférence. Certes, il avait légitimé et richement doté ses enfants mais il l’avait remplacée par un tendron auvergnat, Marie Angélique de Scorraille de Roussille, « sotte comme un panier »**, qu’il avait faite duchesse de Fontanges. Pourtant, s’il était devenu Soleil, n’était-ce pas parce qu’elle, née de Rochechouart de Mortemart, de noblesse bien plus ancienne que celle des Bourbons (autre chose que « la famille Massonneau qu’est pas jojo » !) l’avait accompagnée dans son ascension et même éclairé de ses rayons ?

Les Mémoires de la vengeance
La Marquise remâchait sa rancœur, ruminait sa vengeance, qu’elle voulait éclatante. Bien sûr, elle avait déjà fait de la Fontanges la risée de la Cour en faisant dévaster ses appartements de Saint-Germain-en-Laye par les deux ours apprivoisés que le roi lui avait naguère offerts. Restait à régler le cas de l’autre objet de son ressentiment : la Veuve Scarron. Cette pauvresse semi-huguenote, cette hypocrite renforcée paradant dans ses habits de deuil qu’elle-même, trompée par ses affectations de réserve et de modestie, avait introduite à la Cour et dans l’intimité royale comme gouvernante de ses enfants. Et qui s’était si bien insinuée auprès du Roi qu’il lui demandait conseil en toute occasion et la couvait d’un œil de plus en plus tendre. Qui sait si, la Reine disparue, il ne l’épouserait pas un jour ?
Contre l’infidèle et la rivale caparaçonnée de fausse vertu, la colère étouffait Athénaïs, son cœur débordait de fiel, elle défaillait. Il lui fallait passer à de terribles représailles.
Au plus fort de ses tourments, une illumination la visita. Elle allait écrire ses Mémoires. Si elle n’avait pas le brio et la prolixité de son amie Marie de Sévigné, son style était vif, sa mémoire intacte, elle avait conservé suppliques et billets doux qu’elle citerait largement à l’appui de ses dires, épicés de révélations croustilleuses et de mots d’esprit acérés — de ce fameux « esprit des Mortemart » qui avait tant séduit Louis.
Ecrit dans le secret de son cabinet, chose aisée puisque ses obligés et même beaucoup de ses amis avaient déserté, le brûlot serait clandestinement acheminé puis imprimé en Hollande, où l’on pouvait compter sur le Stathouder Guillaume pour le répandre dans toute l’Europe et même dans les colonies d’Amérique, éclatante revanche du Batave contre un souverain qui lui avait infligé la défaite de Maastricht et l’avait contraint au traité de Nimègue.
Au début, on tirerait 200 000 exemplaires de ses Mémoires, à au moins vingt écus le volume, puis, si le succès était au rendez-vous au rythme d’un scandale qui ne tarderait pas à devenir continental, 270 000 de plus.

Quand la galanterie était la politesse des rois
Après avoir dégusté une dernière mandarine confite, Athénaïs s’endormit en peaufinant quelques formules bien senties et, pour la première fois depuis des mois, passa une nuit tranquille.
Au matin, elle s’éveilla de la plus belle humeur, sonna ses femmes et réclama son écritoire, pressée de se mettre à l’ouvrage. Au fil des heures, toutefois, la plume se fit plus lourde, l’urgence moins vive.
Après tout, Louis l’avait délaissée mais il ne l’avait pas répudiée publiquement par avis envoyé à La Gazette de M. Renaudot, il ne l’avait pas exilée ; il lui avait même octroyé un tabouret bien qu’elle ne fût ni princesse ni duchesse, sans doute parce qu’en ce temps-là, la galanterie était, avec l’exactitude, la politesse des rois.
Ensuite, si ses Mémoires explosifs tombaient aux mains des calvinistes amstellodamois, qui en souffrirait le plus ? Non pas cette « vieille guenipe »** de Maintenon mais le règne — dont elle-même avait été l’astre —, la monarchie et donc la France, et la honte en retomberait sur elle seule.

Seul le silence est grand
Or, dans ses veines, le sang des Mortemart se révoltait à l’idée que l’orgueilleuse héritière pût faire figure aux yeux des Grands comme des gens de peu, des « sans-dents », au mieux de victime, au pis d’une mégère lavant son linge sale dans les sentines. La noblesse, de cœur et de quartiers, interdisait un tel débagoulage. Seul le silence est grand, tout le reste est faiblesse.
Enfin, la Marquise avait de la religion. Comme la pauvre La Vallière l’avait fait en son temps, pourquoi ne se retirerait-elle pas dans une thébaïde ? Par exemple le couvent Saint-Joseph, qu’elle avait fondé des années auparavant à Paris. Là, elle ferait pénitence, retrouvant l’humilité chrétienne, expiant ses péchés et le scandale de l’adultère dans « une vie de jeûne, de prière et de charité ».
Apaisée, elle jeta au feu les feuillets déjà noircis et songea à Louis. « Merci pour ces dix ans de puissance et de gloire. Merci pour ce moment », murmura-t-elle.

Camille GALIC

* Cf. Mme de Sévigné
** Cf. la princesse Palatine

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